Revue de presse

Publié le par zorba

Revue de presse.

 

Aujourd’hui, je décide de tenter une reconversion acrobatique et de troquer mon texticulon pour la lampadéphorie d’une revue de presse. Le lecteur en essuiera bien sûr les plâtres mais la compensation en vaut la chandelle : où l’on verra le lamentable Zorba se testonner les pelotes sur le cheval d’arçon de l’actualité.

 

Aéroport de Vienne : les passagers indiens du vol Amritsar-Birmingham ont dû se cotiser à hauteur de 24.000 euros soir 13O livres chacun pour refaire le plein de leur appareil et pouvoir rentrer chez eux. On voudra bien apprécier à sa valeur la faculté de conciliation du peuple indien car ces pauvres hères avaient déjà payé leur billet. L’avion eût-il été rempli de français, c’était direct la Cour Pénale Internationale avec cellule psychologique pour grands brûlés et accidentés de la vie, ultimatum assorti de sanctions économiques et défilé agrémenté de manifestations banderolières pour exiger la mise sous tutelle de la finance mondialisée.  On a eu chaud. Ne faites jamais çà à des français ou vous allez savoir ce qu’indigné veut dire.

 

L’Organisation Mondiale des Toilettes, via la société Domestos et son site Flushtracker vous propose de « suivre à la trace les eaux usées une fois la chasse d’eau tirée ». L’Organisation Mondiale des Toilettes veut me faire prendre conscience que près de 4O% de la population mondiale, soit plus de 2,6 milliards de personnes n’ont pas accès à des toilettes propres et saines. Plus simplement dit, chient n’importe où et n’importe comment.

Je paierais en effet une fortune pour connaître le trajet de mes précieux étrons d’occidental, d’autant que je m’exténue à les mouler tels des œuvres d’art. Il fallait bien une Organisation Mondiale de Toilettes pour que je prisse enfin conscience de la condition – mais quel âne fais-je – des 2,6 milliards de gens qui défèquent dans le marigot qui leur sert de citerne d’eau potable. On ne saisit pas bien le rapport entre la poursuite de nos occidentales fèces et la misère des pays oubliés de dieu, mais l’Organisation Mondiale des Toilettes, elle, dont on suppose qu’elle a même un Président, doit le connaître. Le rapport. Encore un peu et ce sera ma faute.

 

Les vols de bijoux à l’arraché se multiplient. « Ces vols, commis sur la voie publique, visent surtout les femmes âgées ». Tu m’étonnes. Le besoin des vieilles dames de mettre en devanture toute leur joncaille n’a d’égale que l’ignorance dans laquelle elles sont des systèmes de sécurité. Qu’elles oublieraient d’ailleurs de brancher dès leur perron franchi. Une bonne sirène de paquebot et un système attrape-couillon de détecteur d’intrusion couplé à un Taser et une paire de menottes automatiques et le tour est joué. La mamie n’a plus qu’à traîner son tire-gousset chez les archers. Quand on a les moyens de trimballer une fortune sur soi, on doit avoir ceux d’en faire des copies.

 

« Une vietnamienne a avoué avoir coupé à l’aide d’une paire de ciseaux le pénis de son mari toxicomane, violent et infidèle, puis l’avoir jeté dans une rivière ». Quel gâchis ! Faire revenir des petits oignons, déglacer puis ajouter un trait de crème fraîche, du cucurma et du persil, faire mijoter le pénis 1O mn à feu doux et servir le tout dans une feuille de riz. Un plat simple, à la portée de toutes les femmes battues.

 

« La municipalité de Malatya, au centre de la Turquie, vient d’équiper les chambres froides de sa morgue de détecteurs de mouvement, au cas où l’un des cadavres viendrait à se réveiller ».

C’est de l’argent foutu en l’air : lorsque vous êtes entre les mains de 72 vierges spécialement formées à cet effet, je ne connais personne qui veuille revenir. Sauf peut-être… mais ils doivent avoir de sacrées compensations. Car pour rivaliser avec 72 vierges, je ne vois pas bien…

 

D’après Jean Viard, sociologue au CNRS et directeur de recherche à Science-Po, « désormais, entre 16 et 26 ans, on ne travaille pas vraiment, on bricole. On a des expériences amoureuses et autres. A l’avenir, le temps de travail va forcément diminuer, mais il va s’allonger dans la vie ». 

Le jour où un sociologue du CNRS et directeur de recherche à Science-Po dira quelque chose d’intelligent, il faudra vite m’appeler, je tiens à assister à ce phénomène, plus rare qu’une éclipse de Jupiter par Pluton. Car si, entre 16 et 26 ans, on a désormais des expériences amoureuses et autres, je me demande comment on faisait jadis. Et tout à l’avenant… Le fait est que lorsqu’on lit un sociologue, il faut toujours chercher à comprendre ce qu’il veut dire derrière ce qu’il veut dire. C’est parfois coton.

 

« Le béret basque va-t-il bientôt disparaître ? »  Tel est le cri d’alarme que lance La Dépêche du Midi. Que La Dépêche du Midi se calme, car lorsqu’on équipe la moitié des armées du monde en haute technologie, on n’a guère de souci à se faire. Sauf si les chinois se mêlent de béret basque. Mais même dans ce cas, on a encore le temps de réfléchir à faire du béret basque un accessoire de haute-coiffure à l’intention des babas et des bergers de ville. D’ailleurs on gagnerait à jumeler et assortir le béret à un bâton de berger tant dans mon enfance je rêvais d’être berger rien que pour avoir un bâton. Il faut vendre du rêve, c’est le commerce-roi.

 

Rubrique tauromachique : celle-là, je m’en voudrais de la zapper, rien que pour le plaisir d’allumer les bon apôtres, curés laïcs et grandes consciences qui nous prêchi-prêchaillent à l’envi comme quoi nous sommes des sauvages.

Où l’on apprend que le taureau qui perça le cœur de Nimeño II le 25 Septembre 1991 s’appelait « Pañolero ». C’était un taureau gris, qui a rejoint le paradis des valeureux taureaux de combat, aux côtés de Islero, Baïlador, avispado, Burlero… C’est Victor Mendes qui l’estoqua, alors que Nimeño II luttait encore, le cœur troué, contre la mort. Evidemment, si l’on n’est pas sensible à Homère…

 

Le coup de gueule d’Eric Naulleau : Eric Naulleau s’est fait connaître comme le critique littéraire qui ne lit que des merdes. Ce n’est évidemment pas sa faute si la production principale de la littérature contemporaine française (bien lire : française) tourne autour de ce qui justifie la préoccupation première de l’Organisation Mondiale des Toilettes ci-dessus mentionnée. On ne citera pas ici, par pure charité chrétienne, l’identité de sa victime, beaucoup se reconnaîtraient dans l’éreintement dont Naulleau s’est fait un fonds de commerce. Vas-y Naulleau, tu tiens la bonne gâche.

 

Versons au dossier des aphorismes de Barzo celui-ci, de Philippe Bouvard : « Heureux ceux qui n’ont jamais rien fait et qui n’ont pas d’avenir : ils ne risquent pas d’être rattrapés par leur passé ».

Je voulais terminer sur le travail d’un maître afin de donner un peu de corps à ma revue de presse. Mais décidément, l’exercice est plaisant : le boulot est pré-mâché. Il n’est pas impossible que j’en retâte un jour tant notre époque est psychiatrique, je m’en serais voulu  de la rater.

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D
<br /> J'aime l'éclectisme de cette revue de presse. Où l'on constate que nous vivons une époque formidable...<br />
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Z
<br /> <br /> C'est clair, il suffit de faire son marché... Et c'est gratuit qui plus est !<br /> <br /> <br /> <br />