Oniromancie.
Il ne faut jamais raconter ses rêves car ils donnent matière à interprétation et vous dévoilent. Me fichant cependant d'être dévoilé, à l'exception de mon calbut auquel je tiens comme à la prunelle de mes yeux, c'est même a quoi j'emploie parfois mon temps : savoir ce que j'ai dans le crâne. D'une, parce que je n'ai pas de crime majeur à confesser, tout au plus quelques remords culpabilitaires persistants, et deux, parce que je ne crois pas à une interprétation cohérente des rêves. Notre psychisme serait alors plat comme une limande, il suffirait de le passer au scanner pour le lire aussi aisément que "Le petit menteur". Quelque chose me dit, et me trompe assurément, que l'activité onirique n'est pas autre chose qu'une psychanalyse naturelle, mise en place précisément par l'évolution et nous évitant la folie. Le rêve aurait pour fonction de provoquer une interaction entre des événements vécus sans aucun rapport entre eux et plus ou moins traumatiques pour en composer une cohérence qui, par son absence, constituerait une possible source de névroses. Mais passons, ce n'est qu'une hypothèse, un postulat que nous ne sommes pas à la veille de vérifier. Vous voyez que je m'en pose, des questions, dans mon jardin, avec ma serfouette ! (Quand il fait beau, sinon, je me magne de me rentrer).
Donc, mon rêve de cette nuit, accrochez-vous : j'ai rêvé qu'avec Sarkozy, nous cherchions du boulot, et nous en trouvions, à ramasser des légumes inconnus de moi. Pourtant, des légumes, j'en connais un paquet. Pourtant, je n'ai jamais cherché de boulot, il est toujours venu à moi. Pourtant, je ne connais pas Sarkozy. Pourtant... Pourtant, si je continue à aligner des pourtant, on s'apercevra que je n'ai aucun point commun avec le Zorba de mon rêve. Autant que le vrai Sarkozy n'a rien à voir avec celui qui a trouvé du boulot avec moi. Manière de dire que le rêve est inexplicable.
Oui, une seconde, oooh, je vais vous raconter... En tous cas si le rêve a une logique qui nous soit accessible, elle doit être encore plus souterraine et cachée qu'on ne pourra jamais le mettre en évidence.
Dans mon rêve, nous avions Sarko et moi très vite trouvé un boulot. (J'imagine que nous étions très jeunes, donc, mais je ne garantis pas). Et, autant l'un et l'autre, le boulot ne nous fait ni peur ni honte. Au contraire, il semble nous réjouir davantage qu'une teuf. Il s'agissait de récolter, au ras du sol, des légumes ressemblant à quelque chose comme des choux mâtinés d'artichauts, des artichoux en quelque sorte, que je n'ai jamais vus auparavant. Encore une espèce issue de clonerie sans doute. Je ne visualise pas vraiment le feuillage, qui devait être celui d'une curcurbitacée, mais peu importe, l'objet de la récolte, ce sont ces artichoux. Bien entendu, il ne fallait pas tout ramasser. Bizarrement, nous devions ignorer ceux qui avaient la taille d'un ballon de foot-ball. En revanche on cueillait ceux qui étaient gros comme des pamplemousses. Curieuse agriculture.... Je cherchais pour ma part à rendre un bon boulot, c'est à dire vite et bien. Mais Sarko faisait mieux que moi, systématiquement. Comme un premier de la classe. Ce qui à la longue devenait énervant car j'y mettais toute ma bonne volonté. Cà vous étonne ? Pour une fois, mon rêve prend une cohérence. Un semblant de réalité. Mais çà ne va pas durer. Car très vite, par un je ne sais quel glissement de sens, nous nous trouvons à devoir descendre d'une sorte de grenier, très haut perché, le long d'une échelle un peu spéciale l'échelle, et qui donne le vertige. Moi qui n'ai jamais souffert de vertige ! Vous admettrez quand même que le rêve nous fait passer par n'importe quel chas d'aiguille. Un onirologue m'assurerait sans doute que j'ai toujours été sujet au vertige sans vouloir me l'avouer... Par timidité...Ou parce que j'ai toujours rêvé d'épouser ma mère...
Alors l'échelle. Parlons-en : deux montants normaux, en bois. Une échelle de ferme, quoi. Normaux, les montants, mais d'une quinzaine de mètres de haut quand même. Et en lieu et place de barreaux, de simples sangles. Qui risquent de craquer sous le poids du trapéziste téméraire. Et le Sarko, toujours plus fort que les autres, qui se laisse glisser le long des deux montants en les tenant entre ses tibias. Comme on fait d'habitude. Et comme il s'agit d'un rêve, je ne réalise même pas que les montants ne peuvent en aucun cas tenir l'écartement. Puisqu'ils ne sont pas barreaudés rigide. Vous pigez le truc. Elle est rêche non ? Et moi qui descends, la trouille à l'estomac, en prenant bien soin de ne pas poser mon pied au milieu de la sangle mais juste contre le montant, à la fixation de l'absence de barreau. Un truc à angoisser même un chat. Et çà dure... et çà dure... Comme dans un rêve quoi, où on reste englué dans la même situation inextricable et impossible, quand le Sarko est déjà loin, ayant probablement attaqué un autre obstacle.
Preuve, au moins, que Sarko m'impressionne. Enfin qu'il impressionne mes neurones oniriques. Bon, relativisons quand même : il ne m'obsède pas, c'est bien la première fois que je rêve de lui. Lui en revanche, ne rêve pas de moi, il ne sait même pas que j'existe. Mais si on peut dire qu'il m'agace, toujours devant, pour autant je n'éprouve aucune antipathie à son égard. C'est peut-être à çà que servent les rêves. A dévoiler les sentiments exacts qui nous animent à l'égard de quelqu'un, allez savoir...
Maintenant au moins, je suis fixé : je ne suis pas un anti-Sarkoziste primaire. Sauf que tout le monde s'en fout et c'est heureux