Sociologie du bénévolat.

Publié le par zorba



Celui qui travaille 35 h a largement le temps de s'occuper du ménage. Son petit ménage à lui s'il est solitaire, ou le ménage ménager s'il vit en couple. En travaillant 70 h, évidemment, le problème prend une autre dimension. Ou alors il faut vraiment aimer le ménage pour le faire de surcroît.

La semaine comptant 168 h en gros, il ne reste alors que 98 h disponibles. Moins 56 h de sommeil, reste 52 h pour le ménage. A condition de se priver de tout, enfants, télé, lecture, matchs de foot... il reste encore du temps pour le ménage, davantage certes qu'une semaine de 35 h, mais on est alors réduit à l'état de bête de somme, d'esclave sans horizon.

Certaines femmes sont capables d'un tel bénévolat. Un homme jamais. Enfin, à ma connaissance.

C'est ainsi que l'on a vu émerger la civilisation de l'homme-canapé. On reconnaît l'homme-canapé à ce que lorsqu'il réfléchit intensément, il se gratte les couilles. 35 h de boulot, 56 h de sommeil, 77 h de canapé grattage compris. Les heures de grève sont prises sur le temps de boulot, naturellement. Total, grattage compris, 168 h. Oui mais oh ! Et les transports ! Certains s'en tapent 28 h par semaine. Reste plus que 49 h pour le canapé. C'est moins que le temps de sommeil. Et si l'on prend 7 h par semaine pour le menu entretien corporel hors grattage, il n'en reste plus que 42. Pour le canapé. Grattage compris. Est-ce que vous me suivez ?

C'est vrai, donc, la semaine de 35 h est rude. Il faut en convenir. D'autant que si l'on assimile le temps de transport à du temps de travail, on en est à la semaine de 63 h. Presque autant que celui qui bosse 70 h par semaine.

Bon mais d'un autre côté, pourquoi passer 28 h dans les transports, presque une semaine de travail sans rien gagner, au contraire, on y est de sa poche, et largement ? On perd sur ce coup l'équivalent de presque un mois de salaire. Drôle de société tout de même. Où il faut – le transport pouvant être assimilé à une occupation chagrinante - presque autant de temps à se transporter qu'à travailler. Tout çà pour avoir droit à 42 petites heures de canapé ! Drôle de société, mais surtout drôle d'espèce humaine.

Franchement, dans tous les cas, il vaut mieux bosser que de se transporter, de faire le ménage, ou du canapé. Sauf pour les canapistes passionnés. Bosser rapporte davantage, et respecte néanmoins le temps de grattage.

On n'a pas ici pris en compte les activités de loisir, le canapé pouvant y être assimilé, mais on en a vite fait le tour. A moins que le canapé ne soit assimilé à une activité culturelle se pratiquant, justement, sur canapé.

Finalement, très peu nombreux sont ceux qui passent leur temps à glander, les loisirs étant une source très prenante d'occupation. Mais enfin ce sont des loisirs. Encore une forme de bénévolat déguisé. C'est ainsi que l'on peut en inférer que nous sommes en majeure partie des êtres de bénévolence. Voilà une thèse sociologique sur le bénévolat rondement menée. Chiffres à l'appui.

Car faut-il le dire, je suis moi-même un grand bénévole. Du matin au soir, et sans discontinuité, je me livre à des activités non-rémunératrices. Par exemple la présente thèse sociologique est tellement bénévole qu'elle en serait suspecte si elle était menée par quelqu'un d'autre que moi. Elle est, j'y insiste, totalement bénévole, gratuite, ne coûte rien au contribuable, et s'avère, suprême avantage (pour moi), non-consommatrice de transports.

Elle passe toutefois sous silence une activité encore plus bénévole que le bénévolat et la bénévolence réunis. Je veux parler des bénévoleurs.

Il faut bien réaliser que les bénévoleurs dépensent une énergie considérable sans commune mesure avec celle de toute activité dans le monde, et cette activité, de surcroît, est totalement gratuite. Vous ne verrez jamais un bénévoleur se faire payer pour vous cambrioler. C'est même contraire à son éthique, à sa déontologie. Le bénévoleur, déjà, teste gratuitement pour vous votre système de sécurité. A ses risques et périls qui plus est. Et il ne se borne pas à 35 h par semaine. Il peut y passer la quasi totalité de son temps entre les planques, les reconnaissances du terrain. D'ailleurs même lorsqu'il réfléchit intensément sur son canapé, il bosse en réalité à la mise au point de son casse. Et cela, les thèses de sociologie ne le prennent pas dans leurs statistiques.

Si les comptes de la nation prenaient en considération l'activité des bénévoleurs, le PIB s'en trouverait singulièrement augmenté. Donc la présente thèse sur la sociologie du bénévolat montre à l'évidence que les comptes de l'Etat son faux. Manifestement. Ils ne tiennent d'ailleurs jamais compte du bénévolat en général et du canapé en particulier. Le fruit du bénévolat, bénélarronnage compris n'est d'ailleurs soumis ni à TVA, ni à cotisations sociales, ni à impôts, ni à taxe professionnelle...ce qui occasionne un manque à gagner énorme pour l'Etat. De quoi largement financer l'éducation, les soins, la défense nationale et l'apéro.

Taxons les canapés à leur juste valeur et les bénévoleurs à leurs justes profits : vous verrez que tout ira mieux. Mais on ne m'écoute jamais, je rejoins donc mon canapé, tant que c'est encore gratuit.

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Publié dans humour littérature

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O
Bravo Claire !inventeuse que tu es !  le Zorba m'a mis les neurones en déconnexion ! tiens je vais me coucher !!! Je réfléchirai plus avant pour savoir si je dois bénévoler ou non demain ! vu le temps !!!!Bonne nuitO.
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C
Warf ! je m'y perds... ...attends, je relis... et pas dans mon canapé hein ! tu notes ? c'est du bénévolat sans grattage et sur chaise en bois pour éviter que mon dos ne s'écroule sous l'inaction rémunératrice.
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Z
<br /> Heu... je ne garantis pas l'exactitude de mes calculs. Donc... je vois que tu as percé le secret de "l'inaction rémunératrice". Attends-toi à recevoir des tonnes de mails car tu viens tout<br /> bêtement, et en toute simplicité, d'inventer la machine à refouler le boulot et à aspirer le pognon. Respect.<br /> <br /> <br />