Pont

Publié le par zorba

 

 



Pour le premier Mai, j'ai décidé de faire le pont.

Euh... dis donc Zorba, le 1° Mai tombe un Vendredi cette année. Ensuite c'est le week-end. Où est-ce que tu vois un pont toi ?

Ah mais non... J'ai décidé de faire le pont... pour passer de l'autre côté quoi... traverser... franchir... passer par-dessus...

Vous êtes bien au courant, tout de même : souvenez-vous, je me suis aménagé un nouveau potager, pour mes plants en surnombre, chez belle-maman, le long du ruisseau. Et qui dit ruisseau dit... saute-ruisseau. Vous n'imaginez tout de même pas que pour rentrer mes récoltes en traversant le ruisseau, je vais me charger la brouette sur le dos. Et puis, mes visiteurs, ils vont passer où, si par hasard ils veulent se les cueillir eux-mêmes, les légumes... Donc, le pont. Enfin, le ponceau, pas le viaduc de Millau non plus. D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi on dit un ponceau : on dit un ponT, pas un ponC. Alors pour nous, ce sera un "ponticule". Donc, le ponticule. J'en ai à tout casser pour deux trois matinées, peinard, à confectionner mon ponticule. J'aurais même pu en avoir pour cinq minutes, il me suffisait de jeter trois madriers de deux mètres de long en travers du ruisseau. Mais comme mon ponticule ne sera guère utilisé de tout l'hiver probablement, au printemps le bois risque d'être glissant comme une savonnette. Ce n'est pas tant pour moi que je crains, notez bien, je ne suis pas un bibelot. Mais s'il prenait à belle-maman l'idée saugrenue de l'emprunter... On veut se la garder le plus longtemps possible belle-maman... Alors je flanquerai aussi le pont de deux rambardes en bois. Deux gardes-corps.

Oh mais ne rêvez pas, je ne vais pas faire un ouvrage d'art non plus. Inutile de faire une arche jolie, bien balancée pour traverser deux mètres de portée. Je ne vais pas la jouer coquette, c'est juste un utilitaire. Et pourquoi pas des culées tant qu'on y est ? Pour haubaner ! Avec une girouette. Pour vérifier la prise au vent. Non, un ponticule tout bête en béton fera l'affaire. Point final. Pas de fioriture du style citadin de la campagne avec soc de charrue au milieu de gazon. Je vous demande un peu ce qu'un soc de charrue même garni de géraniums peut foutre au milieu d'un gazon. C'est beau mais c'est con. Je veux bien cependant concéder à l'esthétique, allez : je vais faire en sorte que le ponticule ait l'air vieux dès sa mise en service. Pas d'arêtes vives, couleur muraille, la végétation faisant le reste. Un pont savamment salopé en somme. Il sera là depuis au moins un siècle, mon ponticule. D'ailleurs j'ai déjà procédé à la mise en chantier. Cà me rappelle un peu le bon temps. Hé oui. Rien que le toucher d'antiques outils çà me donne des frissons de plaisir. Et puis, je suis à l'ombrette, j'entends le bruit de l'eau qui coule, je froisse des pieds de menthe... Hum, sentez-moi çà... Tiens, je mettrai des pieds de violette et de muguet. Tombés là par hasard : tiens ! des violettes et du muguet. Cà alors ! Par quel hasard ! Cà me ramènera à un 1° Mai, où j'ai fait le pont. D'y penser, il est déjà jouissif, mon ponticule. Et puis, pour l'inauguration, avec ruban et ciseaux, j'inviterai merles et grenouilles pour un petit vin d'honneur. Si en plus j'invite mon fils, ils nous donneront l'aubade. A la Dick Rivers : « Faire un pont... Pour de bon... Lui donner... Ton prénom... » Oui enfin, ce sera le pont du potager quoi. Pour pousser la brouette.

Le fait est que mon histoire de pont n'a pas de chute. A moins que je me casse la figure avant la fin. En décoffrant par exemple. A moins de passer le pont pompette. Remarquez que pousser la brouette pompette çà peut être rigolo aussi, si je me rate l'entrée du pont. Mais la chute ne sera pas vertigineuse de toute façon. A peine plus d'un mètre. Sauf pour belle-maman si elle est pompette. Ah, commencez pas à parler de malheur ! Bon, je double la rambarde.

Ah oui, ce matin, j'ai noté la présence d'empreintes bizarres. Il faudra que je pense à placer à l'entrée du pont un écriteau : « Ralentir, passage de sangliers ». Ou l'inverse, en langage sanglier : « Ralentir, passage de Zorba ».

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Publié dans humour littérature

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R
http://www.youtube.com/watch?v=ubEPBx0VOMo
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Z
<br /> AH ben oui... J'ai pas vu le mien... snif, on m'a oublié...<br /> <br /> <br />
D
il y en qui vont faire le pont jusqu'au 8 mai !amicalementcharles
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Z
<br /> J'espère bien avoir fini avant le 8 Mai. Et même y avoir dansé dessus...<br /> <br /> <br />
O
Et un petit pont japonais cela t'inspire ? c'est joli non et du coup tu transformes belle-maman en geisha portant ombrelle. Non ? oui ? bien entendu pas de girouette, de soc de charrue à l'entour et surtout pas de nains de jardin !. C'est d'un plouc ! à damner une âme de poête.Ta campagne nous inspire...... ton prochain pont ce sera quoi ?bon w.endosiris 
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Z
<br /> Ben, je comptais faire des ponts un peu partout, seulement il me manque des ruisseaux. Et tu reconnaîtras Ôdivinsiris qu'un pont qui ne traverse rien n'a pas vraiment de raison d'être. Sauf bien<br /> sûr dans une pyramide où un pont peut représenter le passage vers l'au-delà.  Mais je crois que les égyptiens<br /> avaient trouvé beaucoup mieux qu'un pont pour passer de l'autre côté...<br /> <br /> <br />
M
Le jour de l'inauguration imposer les jupons:"Il suffit de passer le pontC'est tout de suite l'aventureLaisse-moi tenir ton juponJ't'emmèn' visiter la nature..." Succès assuré avec l'oncle Brassens.
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Z
<br /> <br /> Joliiii !<br /> Laisse-moi tenir ton jupon<br /> J't'emmèn' visiter mes poivrons...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Ca c'est sûr, un sanglier ça ne roucoule pas. Quoique , voilà un sujet qui serait intéressant à étudier. Le langage amoureux du sanglier, tu n'aurais pas un texticule en réserve sur ce thème là ? sinon voilà une idée à creuser. Et pas au fond du puit hein !
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Z
<br /> La rumba des sangliers..... Oui mais pour texticuler les sangliers, il faut être expert en singularité.<br /> <br /> <br />