Bulles.

Publié le par zorba

 



Pourquoi des bulles dans le champagne ? Et dans quoi faut-il boire le champagne ? Flûte, ou coupe ?

Le sujet n'est pas aussi anodin qu'il y paraît, il engage un savoir vivre lié au respect des bulles car il y a bulles et bulles. Bulles en flûte et bulles en coupe.

D'abord expédions le pourquoi : chaque impureté collée à la paroi du cristal crée une poche d'air. Le gaz carbonique contenu dans le champagne fait gonfler cette impureté et la poche d'air qu'elle contient, d'où se dégagent les fameuses et inoubliables bulles qui font la renommée de ce breuvage des dieux. Quant à moi, je préfère voir dans le champagne le génie des champenois et des abbés qui assurément ne furent pas pour rien dans son élaboration. On a beau avoir la dent agnostique contre les ecclésiastiques, ce sont bien eux qui ont défriché, mis en valeur, inventé le patrimoine culturel que le monde entier nous envie. Si je me trompe, n'hésitez pas...

Oui, pourquoi parlé-je de génie, et pas à la légère ? Avez-vous déjà goûté un grain de ce raisin qui sert à faire le champagne ? Non ? Alors goûtez. Je n'en donnerais pas à mon chien (mais si, les chiens mangent du raisin). Avez-vous aussi goûté le vin, avant qu'il fut champagnisé ? C'est de la vinasse... Tout au moins pour ma voûte palatale. Mais alors, le champagne, lui, comment se fait-il qu'il soit aussi somptueux !

Le génie. Ne cherchez pas. Parvenir à faire un produit aussi divin à partir d'un mauvais vin, on ne m'ôtera pas de l'idée : c'est du génie.

Et le génie ne s'explique pas. Donc, n'attendez pas de moi que je vous en donne la recette. Mais je puis vous dire en tous cas que le génie français n'est pas un vain mot : je l'affirme sur un ton d'autant plus détaché et serein que je n'y suis pour rien. Promenez-vous dans nos campagnes, visitez nos artisans, vous verrez ! D'ailleurs ce n'est pas pour rien que la France est la première destination touristique du monde. Je crois au terroir et à l'excellence.

Voilà pour le couplet patriotique, intéressons-nous à présent à la manière de boire le champagne : flûte, ou coupe. Là encore, mystère. Pour ma part, je suis « coupiste » convaincu. Je parle aussi aux « flûtistes », il va de soi. Jamais je ne me fâcherais avec un buveur de Champagne. Surtout qu'ils semblent bien plus nombreux. Mais moi, c'est la coupe. Cela me paraît plus festif, demande une certaine maîtrise de ses mouvements, allez donc valser avec une coupe sur la tête. La flûte c'est pareil ? Mais oui, mais non. C'est dans l'imaginaire que tout se passe et je ne vais pas me trépaner pour aller vérifier pour quelle obscure raison ma préférence va à la coupe, je tâche de vivre avec.

En revanche, ce qui est révulsif, c'est de voir la moindre équipe de rugby de La Pistoule fêter sa victoire en secouant la bouteille pour la transformer en vulgaire extincteur à mousse. Je sais, cette pratique est dûment encouragée par les champenois eux-mêmes, çà fait marcher le commerce. Mais culturellement, c'est un attentat à la bulle, un crime de lèse-bullition. De même d'ailleurs le fait de déboucher le champagne au sabre ou à la petite cuillère, ce qui finit souvent très mal entre les mains d'un sabreur d'opérette. Non. Un produit qui porte la marque du génie humain, çà se respecte, çà se mérite. Est-ce que l'on joue au tennis avec la Joconde ? Bon, alors.

Je suis donc délibérément « coupiste » et refuse de boire en flûte. Pourquoi pas aussi dans une corne... ou dans un crâne... ou dans une demi-noix de coco. Hein ? Ou dans une chaussure ! Alors çà, tiens, en revanche, je l'ai pratiqué une fois, malheur de mes os. Oh il y a prescription, mais figurez-vous qu'un jour – dieu me pardonne mes errements champagnisés – j'ai ôté sa chaussure à une demoiselle, me suis versé une rasade, et l'ai bue à sa santé. Son fiancé croisait dans les parages. Ce qu'il m'en a voulu...!!! Vous ne pouvez pas savoir. On aurait dit que j'avais violé la donzelle. Il ne me l'a jamais pardonné. Pire que si j'avais envahi l'Angleterre. Car c'était un anglais. Rageur, il a chopé la godasse et en a bu deux fois lui aussi. Comme pour en effacer mon odeur. Ah ces mâles ! Tandis que je m'éclipsais. Eh oh, les jaloux, çà va. D'abord comment je pouvais savoir, moi, qu'elle était en mains. C'est ainsi que je n'ai jamais su si la godasse était récupérable.

En tous cas je déconseille aussi la godasse. Et préconise la coupe, sauf pour les trembleurs. Avec la coupe, les bulles vous pétillent d'abord dans les naseaux, vous respirez du pur génie avant que de le boire. Dans chaque bulle une pensée, dans chaque coupe un poème :

                Si de ta coupe offerte à ma lèvre altérée

                Ton pétillant nectar a rendu sa couleur

                A mes débordements, mes assauts réitérés

                Ta volupté repue ne tiendra pas rigueur.


Euh... hum, pardon. Je le referai plus.

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Publié dans humour littérature

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C
Coupe , bien évidemment ...pour le glamour ! Un rouge qui blesse la ligne de christal où se posent les lèvres légères...l'oeil  , ourlé  de noir qui rit et pétille ...la maitrise du geste  qui reste élégant ...Impossible avec une flûte .
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Z
<br /> <br /> Eh ben tu vois, tu le dis mille fois mieux que moi !<br /> <br /> <br /> <br />
C
Au fait, c'est la champagne qui te fait cet effet là (tes dernières lignes) ? c'est curieux, moi j'aurai pensé à autre chose... Et, si si si, tu peux renouveler.
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Z
<br /> Ah mais chacun pense à ce qu'il veut..... c'est fait pour §<br /> Oh tu sais Claire, quand on a lu Rimbaud, on se dit qu'il ne nous reste plus qu'à déboucher des puits.....<br /> <br /> <br />
C
Ben chez ma maman, quand j'étais petite schroumpfette, nous buvions le champagne dans des coupes (et là, j'imagine Zorba qui s'extasie), et puis la schroumpfette une fois devenue grande, bah elle a achetée des flûtes, pour boire autre chose que des machins avec des bulles !!! car elle en avait assez, elle avait envie de Sauterne (et le premier qui vient faire des jeux de mots sur le saut terne, je le mord ). Et c'est pas faute d'en avoir bu du bon champagne ! (Krug pour ne citer que lui, que ma chère et tendre mère planquait à la cave)
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Z
<br /> Pas faute non plus plus, j'imagine, d'en avoir bu du bon, de Sauternes... le génie français...<br /> <br /> <br />
O
C'est du pur nectar, quel poète !! Je suis flûtiste, les bulles de la coupe me font éternuer ! Quant à la Joconde, comme elle ne m'inspire point, je ne l'inviterais pas à être ma partenaire, en aucune façon et surtout pas au tennis pardi !L'histoire de la damoiselle à la chaussure..... ça ne se fait plus comme blague de nos jours ! parce-que trop cher le champ et c'est juste un peu dégueu ! bon d'accord on trinque ..."santé" à tous et bonne journée !osiris
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Z
<br /> Ô divin siris, que faisais-tu debout à 4h41 ! Tu rentrais de faire la foiridon, pompette et pompon, quelques flûtes dans le nez?<br /> <br /> <br />