Centième

Publié le par zorba

 

 



En ouvrant mon blog comme on ouvre le matin ses volets, bonjour le monde, un chiffre me saute aux yeux : 100. Mon tableau de bord – mis je le rappelle gracieusement à ma disposition par overblog qui ne rechigne devant aucun sacrifice pour satisfaire l'utilisateur, tableau de bord digne d'un Airbus A 380 et dont je ne pilote que deux ou trois fonctionnalités, autant dire que j'invite mon passager à ne pas ôter une seconde sa ceinture de sécurité – mon tableau de bord donc, me signale un événement qui fera date dans l'histoire du texticulage : mon centième texticule (je n'ai pas vérifié mais dans la vie, il faut savoir déléguer).

Aussitôt, réflexe, rétroviseur ! Mais qu'est-ce qui m'a pris, d'un jour me lancer dans cette activité fébrile, égotique en masse, moi qui suis : a) faux calme, b) maîtrise de soi, c) timidité vaincue, et d) altruisme démythifié (c'est à dire que je sais pour quelles mauvaises raisons je suis altruiste).

Eh bien je vous livre la réponse d'entrée – il n'y aura ainsi plus de suspense cyniquement entretenu de la part de l'auteur : « Nous sommes le produit de nos petitesses ». En tous cas moi.

Avant de vous conter la chose par le menu, vous pensez bien que je me suis également posé la question (chaque matin, au lever, je me pose environ quarante deux questions, ainsi suis-je sûr de ne pas m'ennuyer) : en quoi mes petites angoisses pétaphysiques pourraient-elles bien passionner un lecteur ? En quoi serait-il nécessaire que je lui fisse part de mes mouvements d'âme et tourments intérieurs ?

En rien ! Rien du tout. Et donc, comme les gestes gratuits sont souvent les plus beaux, c'est au nom de la beauté du geste que je m'en vais vous narrer l'aventure, dont je sens déjà qu'elle va nous occuper le temps d'une chronique, c'est à dire au moins deux texticules.

Comme par dessus le marché, Philoforum n'est pas tout à fait étranger à cette soudaine rage de texticuler, (allez hop, encore un petit coup de réclame en passant pour un site qui décidément ne laisse pas indifférent si j'en juge par quelque sortie fracassante et qui n'en a pas besoin – de réclame), je vais m'arranger, avec la ruse qui me caractérise pour en poster le premier épisode à la fois sur ledit, et sur mon blog « le blog de Zorba » qui est en réalité celui de mes lecteurs. Vous me voyez, entretenir un blog que je serais le seul à lire ? Trop drôle. Et sur lequel je m'enverrais à moi-même quelque commentaire bien senti ? (tiens, à la réflexion, je devrais ouvrir une rubrique spéciale « commentaire » réservée au lecteur débile qui est en moi. Car il a des choses à dire, figurez-vous).

Donc tout commence, d'une part (je dis « d'une part » car il y a nécessairement un « d'autre part » à venir, mais suffisamment lointain pour que la première part soit oubliée dans le feu de l'action) par un goût tardif pour la chose philosophique. Tardif mais néanmoins exigeant sur la qualité.

Il m'a été donné d'entretenir une correspondance suivie avec un philosophe que vous lisez tous les jours ou presque, qui semblait prendre autant de plaisir à me répondre que moi à lui écrire – sinon je me demande bien pourquoi il se fût imposé ce pensum – et dont la manière me ravissait, une classe terrible, en même temps qu'une modestie touchante de la part d'un homme si occupé du reste du monde. Je vous le dis, çà existe ! Et il se montra d'une rare élégance à mon endroit, allant jusqu'à ne m'envoyer que des manuscrits (inédits par conséquent). En un temps où tout se délègue à des nègres (désolé, c'est le mot, on dit bien rastacouère en parlant d'un blanc et c'est bien moins flatteur), je fus touché par cette marque d'attention et instruit surtout des amples capacités d'une pensée originale.

Aussi, quelle fut ensuite ma félicité de tomber sur un forum dans lequel je notai l'activité de quelques pointures – dont je tairai toute information pouvant les identifier, la modestie goûtant assez peu la flagornerie.

Je n'avais guère ma place parmi eux, qui connaissent les philosophes au point que l'on se demande s'ils n'ont pas avec eux partagé l'alcôve. Un reproche cependant, mais si on va par là on peut - je puis – me charger dans la même proportion : certains ne sortent pas de leurs auteurs pour humer le monde tel qu'il va. Ou ne va pas.

Or il se trouve, d'autre part – n'est-ce pas que j'ai bien fait de signaler la présence d'une « autre part », car comme on lit un texticule comme on avale un bout de chips à l'apéro, nul n'est tenu de mémoriser une séquence aussi menue – que depuis pas mal d'années, je m'étais mis en tête pour ma gouverne personnelle, de comprendre ce qu'était la pensée. Et du même coup l'homme, forcément.. En toute simplicité et modestie. J'avais beaucoup lu sur le sujet. Cogité. Retourné mon sillon. Escornuflé. Ruminé. Oublié. Dormi. Puis remis sur le métier cent fois. Et relu. Rien à faire. Aucune littérature sur le sujet ne me semblait convaincante. Je ne trouvais pas à me faire une idée sur l'idée. Sur le point d'aboutir, même, où je sentais poindre un théorème d'unification, je dénichais toujours l'argument qui foutait tout par terre. D'ailleurs, c'est un peu (beaucoup) ce que je recherchais aussi : l'argument qui démolirait l'ensemble de la construction intellectuelle que je tentais de me faire du principe de la pensée. Car la pensée n'est pas un attribut minime. C'est le top du top de l'explication de l'homme. Et bien souvent, ce sont les neurosciences qui, tout en éclaircissant certains phénomènes, ruinaient mes tentatives unificatrices de la psychologie, qui part dans tous les sens il faut bien le dire.

Ah ce ne fut pas simple ! Mais mes tâtonnements ne présentent aucun intérêt en cette chaude affaire. Et nous saurons dès demain si j'aboutis à quoi que ce soit de sérieux. Nous sommes à présent bien éloignés de Philoforum et seule mon adresse aux fléchettes pourra nous y ramener. Et mettre en évidence l'énormité de nos petitesses.

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Publié dans humour littérature

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O
T'inquiète pas trop Claire, à mon avis le Zorba va te rassembler tout ce qui est épars, il a un don tu avais remarqué ? C'est un praticien, suffit de chercher ce qui se cache sous son humour et ..... tout s'éclaire !!! Finaud, philosophe, érudit, sympa (je m'arrête !). Demain il aura vaincu sa timidité, les mythes, il aura tout maîtrisé.... et il va règler des comptes ??? grands dieux.... avec qui ? Vas-y Zorba on te soutient !O.
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Z
<br /> He ben dis donc, tu vas me faire passer Ôdivinsiris pour un maître du suspense ! Claire est sur des charbons mais je vois que vous vous soutenez le moral tous les deux. Allons courage, on touche au<br /> but...<br /> <br /> <br />
C
Mince alors, va y avoir de la castagne ?
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C
J'aime beaucoup le : a) faux calme, b) maîtrise de soi, c) timidité vaincue, et d) altruisme démythifié (c'est à dire que je sais pour quelles mauvaises raisons je suis altruiste) Sinon pour le reste, ben moi aussi je suis partie dans tous les sens, à tel point d'ailleurs que je peine lamentablement à me rassembler. Mais où suis-je donc passé et où sommes-nous là ?!!
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Z
<br /> Ah ah ..... Eh bien tu le sauras dès le prochain épisode, que je devrais intituler "Règlement de comptes à OK corral".<br /> <br /> <br />