Grève.

Publié le par zorba

 

 


Aujourd'hui, je m'en vais vous texticuler la grève. Parce qu'il faut parler aux gens de ce qui les intéresse. Et ce qui les intéresse, aujourd'hui, c'est la grève du 19. Car nous sommes le 19, cachet de la poste faisant foi. Le problème c'est que si je fais aussi la grève des texticules, çà ne me fait pas manger n'est-ce pas. Cà ne met rien dans mon assiette. Ni dans mon godet.

Donc la grève. Elle a commencé par les matutinales imprécations des pies. Les pies ne savent rien faire sans vociférer. De même que l'irascible geai qui déjà vient se percher en reconnaissance sur les fruitiers encore dépourvus de fleurs. Ils n'en sont encore qu'à la nouaison. Seul l'abricotier en est rosi et les bourdons sont déjà au boulot. Tout un chacun n'a qu'une hâte, se mettre au turbin, qui à bâtir son nid, qui à creuser son trou, et cela ne fait que commencer. Merles et merlettes n'en sont pas encore à se faire des propositions osées, le rossignol n'est pas encore revenu dans nos contrées pas plus que l'hirondelle – non, hirondelle ici ne remplace pas un gros mot, hirondelle veut dire hirondelle. Mais quand tout ce petit monde sera à pied d'oeuvre, ou à plume d'oeuvre devrais-je plutôt dire, ce n'est pas la grève qu'ils vont préparer, vous pouvez m'en croire. Si vous voulez connaître l'emploi du temps réel d'un merle dans une journée de travail, il vous suffira de lire « Merles » dans la liste ci-contre, à votre droite. Cà ne chôme pas.

Puis la grève a continué par les semis de graines – que j'ai mises à tremper la veille dans de l'eau additionnée de vinaigre – des légumes fruits. Vu que le 19 est un jour fruits en même temps qu'un jour de grève. Fasse notre seigneur que la grève porte ses fruits, amen !

Alors j'ai semé :

les concombres, bien à l'ombre

les poivrons, tous en rond

les piments, oui vraiment

les pastèques, de la Mecque (ou en tous cas de par là-bas)

les courgettes, qui en jettent

les courgettes, de Ginette (en fait j'en ai plusieurs variétés, y compris de Nice, takaouar)

les pâtissons, polissons

les potimarrons, et toc (non...je suis pas obligé de rimer)

les citrouilles, pour la trouille (ben oui, Halloween)

et pis c'est tout, poil au genou

ah non, j'oubliais, les melons.

Voilà un jour de grève comme je les aime : rempli de boulot.

Après, la grève a continué par la préparation des godets de mélange tourbe-terreau destinés à recevoir les semis de légumes racines à partir du 21. Eh oui, le boulot, çà se prépare à l'avance. Pourvu qu'il n'y ait pas grève le 21... Je vais finir par me faire repérer. Le premier qui me fout un piquet de grève entre mes plantations et moi, je lui fous un piquet à tomates dans le fion. Et mes piquets à tomates, c'est des fers tors de 12. Alors je touche du bois...pour celui qui risque de se prendre du fer. Ils n'ont qu'à placer leurs grèves quand la lune est mauvaise, quoi, hirondelle ! Moi, je marche à la lune. Je ne connais que la lune. C'est la lune qui me commande, pas les gens. Non mais des fois, mésange !

Ensuite, sur le coup de 11h, aération des serres parce que le soleil commence à taper. Ce n'est pas le moment de bricoler et d'en oublier la moitié sinon on risque de tout cramer. Les plantes, c'est comme le bétail, çà fait pas grève. Allez donc expliquer aux vaches qu'aujourd'hui, on ne les trait pas, c'est grève, vous allez entendre les vagissements de douleur, dans la vallée.

Bon ben, après çà, on s'approche tout doucettement de midi et comme madame ne rentre pas pour déjeuner – la grève, çà ne la branche pas trop – je m'ouvre une boîte de sardines à l'huile, je me pèle un bel oignon blanc histoire de rigoler un peu, un petit coup de rosé bien frais là-dessus pour agrémenter, et que demande le peuple, hein ? Avec un quignon de pain bien croustillant... Je vais me gêner, tiens.

Et alors là, pour le coup, je vais me mitonner une vraie grève, mais vraie de vraie, à fond la caisse. Je m'installe sur le rocking-chair, avec un plaid sur mes genoux cagneux, comme les petits vieux. Et à moi la ronflette. Parce qu'il est déconseillé de s'allonger complètement sur la digestion, à la longue, çà peut gâter l'estomac. Une petite heure, comme çà, je grève tous azimuts, vous pouvez sonner, y a dégun. Et quand je me réveille, ah non, je suis trop en forme pour persister dans la grève. Bon allez, il faut quand même faire preuve de solidarité avec les autres, symboliquement au moins : je prends un bouquin. C'est pas du travail, çà... Après j'irai tourner les fromages, çà me finira agréablement ma journée de grève. Oh hirondelle, j'ai failli oublier ! Tant pis, je passerai la tondeuse demain : demain j'ai le droit, c'est jour de boulot, et çà commence à pousser dru, je n'aimerais pas que çà bourre les couteaux.

Allez, ne me faites pas la gueule, la grève, c'est pas ma culture, je suis défectueux : du boulot, j'en ferais plutôt plus que pas assez, c'est ma gourmandise. C'est de l'égoïsme pur et dur, la seule chose qui me rachète, c'est que j'aime bien distribuer mes récoltes. Mais je serai vite calmé, un jour, au cimetière. Sauf s'ils ont une place à l'entretien. D'ailleurs, je vais tant que j'y pense déposer ma candidature en Mairie. Celle où je dois être enterré pardi.

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Publié dans humour littérature

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O
Bonsoir Zorba,J'ai placé un commentaire il y a 4h, je ne le vois pas figurer ????? m'as-tu zappé le texte ? certes non !!! comprends pas ? après qq jours d'absence et lecture de tes texticules, je donnais mon appréciation sur celui s'appliquant à BHL. ??????? merci de ta précision sur cet envoi.Osiris
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Z
<br /> <br /> Ne t'inquiète pas Ôdivinsiris, j'ai activé le système de modération pour la raison que tu sais car j'ai dû m'absenter quelques heures. Je dois procéder ainsi pour éviter un risque de<br /> pollution trop important en mon absence. Ne change rien, tes messages passeront toujours.<br /> <br /> <br /> <br />
O
De retour d'un séjour à N.Y.C. je me mets aussitôt à jour de mes lectures aussi plaisantes que roboratives sur le blog de Zorba le sage, sorte de coup d'air frais dépolluant qui me change des courants d'air de New York, et stupeur ! je m'aperçois qu'un énergumène dont je ne prononcerai même pas le pseudo pour ne pas me salir, un caractériel immonde, qu'en général je ne rencontre jamais, fait une sortie au si charmant Zorba sur son texticule intitulé BHL. Inutile de dire que je n'ai encore jamais rencontré un intellectuel ou se prétendant tel, argumenter par l'injure la plus sordide, à ce qui nétait de la part de Zorba même pas une amorce de débat, qui dit par ailleurs apprécier BHL, mais une simple remarque de bon sens sur la factulté dudit BHL, de prêter son talent à des causes trop bonnes pour être honnêtes.Ce "personnage" semble être un frustré de grande envergure pour qui le monde entier, sauf BHL et lui-même, est un gros tas d'immondices. Laissons-le à son malheur parsonnel mais Zorba tu as eu raison de le censurer, et surtout de ne plus le laisser polluer un blog si agréable à fréquenter et d'une haute portée, puisqu'on y rit et tu nous offres une belle rhétorique. C'est un beau cadeau que tu fais à tes lecteurs. Aussi laissons ce triste personnage dans ses immondices dont il semble être friand. On est tous avec toi, tu es dans ton bon droit, ta sagesse est un bel exemple.Quant à nos fameuses grèves à répétition, tout est question de dosages..... Fasse que les pompes funèbres ne se mettent point en grève le jour où tu auras besoin d'eux, tu vas être placé direct à la droite du Seigneur !A extrêmement très bientôt cher ZorbaOsiris
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Z
<br /> <br /> Ôdivinsiris, quel plaisir de te revoir sur Terre. Tu bosses à NYC ? Non, ne me réponds pas, c'est juste une question indiscrète que je me pose.<br /> Je vois que tu es plus secoué que moi par ce déplorable épisode et je retiens surtout que tu me places à la dextre du seigneur. J'accepte ce cadeau de ta part d'autant que je suis sûr de te<br /> retrouver en compagnie des dieux.<br /> Oublions les fâcheux et occupons-nous de prendre plaisir à vivre...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Mais mon cher Zorba, lire tes texticules c'est ce que je fais tous les matins (réception de la newsletter) lorsque je me connecte sur le net (vers 6h du mat), le truc c'est que je ne sais pas toujours quoi dire et qu'il me faut parfois du temps pour décanter les choses... lol
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Z
<br /> <br /> Aucun problème Claire, tu dis ou ne dis pas ce que tu veux, tu es ici chez toi bien sûr...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Bon la grève c'était hier, et moi qui n'ai pas encore mis de commentaire sur ce texticule... et non je ne fais pas la grève !! c'est même tout le contraire, les journées sont trop courtes pour faire tout ce que je voudrais faire. Maintenant de là à savoir si les grèves sont utiles ou pas, disons qu'il me semble qu'elles sont parfois utile pour faire bouger les choses, mais parfois (trop souvent) aussi, à trop vouloir les faire bouger, on bloque tout et rien ne va dans le bon sens. Enfin c'est mon point de vue. Je n'ai jamais mis les pieds dans un défilé, ou participé à aucune grève ; et la seule fois où j'ai eu besoin d'un syndicat pour défendre mes droits face à un employeur, je me suis retrouvée le bec dans l'eau. Gros flop après de faux espoirs donnés par le syndicat en question. Ce qui fait qu'au bout du compte, j'en reviens toujours au même, à la même conclusion, je me débrouille toute seule c'est aussi bien, voir moins affligeant.
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Z
<br /> <br /> Voilà qui s'appelle au moins faire face à ses responsabilités ! Mais tu sais Claire, lire les texticules doit rester un plaisir, un délassement, et déposer un commentaire n'est pas une priorité<br /> de la vie...prends ton temps sinon çà va te gaver <br /> A chacun sa sensibilité dans le domaine social et si tu n'y cois pas, aux bienfaits de la grève-institution, continue à faire comme tu le sens. C'est le meilleur moyen de ne pas se tromper.<br /> <br /> <br /> <br />
R
Exact, Zorba ...le jour où nous ne serons plus libres de dire que notre jardin  plein de vie  et le bonheur que nous avons à travailler  , même dans les tâches les plus  humbles , nous suffit . Le jour où nous serons obligés de manifester  parce que ne pas le faire sera illégal ...ben j'espère bien  que je serai morte depuis longtemps et  mes enfants aussi !
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Z
<br /> <br /> Mais non Roussote, pas tes enfants... Ils l'ont déjà échappé belle avec le putain...l'hirondelle de camion...souhaite leur seulement longue et longue vie...<br /> <br /> <br /> <br />