Re-hirondelle

Publié le par zorba

 




Elie Barnavi est historien. Et il donne, de plus, des articles fort bien léchés à Marianne, le journal de la Mauvaise Foi, en qualité d'invité de la rubrique « Ils ne pensent pas (forcément) comme nous ». Ben tiens ! Penser comme Marianne n'est pas un gage de charisme mais de manie de la contestation pour la contestation, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ce n'est pas cette raison qui justifie le présent texticule qui, comme chacun sait, prend toujours tout au sérieux.

L'article d'Elie Barnavi s'intitule « Hirondelles de printemps » ! Le lecteur de Zorba dresse déjà l'oreille. Il sait que lorsque Zorba écrit le mot « merde » dans Philoforum, aussitôt la censure lui tombe dessus et remplace le mot « merde » par le mot « hirondelle ». Si bien que chaque fois que Zorba a envie de parler par exemple d'un « journal de merde », prévenant la censure il écrit plutôt « journal d'hirondelle ». Et tout le monde comprend.

Il faut croire qu'Elie Barnavi a fait un stage à Philoforum et a également morflé de la censure puisqu'il écrit de lui-même « Hirondelles de printemps ». A priori, il peut tromper le lecteur non averti qui pense bêtement à la charmante migratrice.

Mais voyons de quoi il retourne précisément. On sait que marcher sur une hirondelle de trottoir porte chance. Or Elie Barnavi nous explique dans sa chronique qu'il voit en ce moment des bonnes nouvelles partout : le sommet de Londres, le sommet de l'OTAN, le sommet de Doha. Il en a de la chance !!! Hein ? Vous ne trouvez pas ? On parlerait même de chance insolente. C'est tout simplement qu'il a marché sur une hirondelle de trottoir.

Et pourquoi, nous français, ne voyons partout que mauvaises nouvelles ? La crise, le chômage, les retraites, l'enseignement, enfin tout quoi. C'est parce que nos trottoirs sont propres, et que nous ne marchons plus jamais sur une hirondelle de trottoir. Pas de chance n'est-ce pas ? CQFD.

Il faut donc se rendre à l'amère évidence : depuis que les pouvoirs publics se sont lancés dans une chasse effrénée aux hirondelles de trottoir, alternant motos-hirondelles et procès-verbaux pour hirondelles intempestives sur le trottoir, les gens ramassent même les hirondelles de leurs toutous, de sorte que nous n'avons plus jamais l'occasion de marcher sur une hirondelle, histoire de nous donner un peu de chance. Résultat : les trottoirs sont propres et la France désespérée. C'est bien ce qui nous rend si dépressifs. Jamais plus la moindre occasion d'avoir de la chance. Fini. Terminé.

Je vous dirai que moi-même, ne passant pas une journée sans piétiner une hirondelle de cheval, j'ai l'optimisme chevillé à l'âme. Pas un jour sans que j'aie de la chance. C'est bien ce qui me rend si joyeux compagnon.

D'ailleurs Elie Barnavi finit par se trahir et manger le morceau. Il ne nous dit pas dans sa chronique que c'est le fait d'avoir marché sur une hirondelle de trottoir qui le rend si euphorique au point de tout considérer comme heureux événement. Il conclut en ces termes son optimiste article : « Une hirondelle ne fait pas le printemps, certes; mais plusieurs, et bien grasses ? »

Vous avez souvent vu, vous, des hirondelles obèses ? Avec le train d'enfer qu'elles mènent, à voler après les moustiques ? Pour qu'elles fussent grasses, il faudrait que les moustiques formassent de véritables nids, tinssent des conférences serrées, enfin se regroupassent ! Or les hirondelles les attrapent un à un, les moustiques, et après leur avoir donné une chasse vigoureuse. Donc jamais, au grand jamais et de mémoire de poilu, on ne vit ni ne verra d'hirondelle grasse. Enfin, pas des hirondelles volantes en tous cas. Cette fine allusion d'Elie Barnavi ne saurait concerner que les hirondelles de trottoir... Mais non, ah c'est mon lecteur débile qui se réveille, il est con çui-là, les hirondelles de trottoir ne volent pas enfin !!! - Faut voir...? - Faut voir quoi, une bataille d'hirondelles de trottoir peut-être ?

Cher Elie Barnavi, nous avons très bien saisi le sens caché de votre message subliminal. Vous avez bien voulu nous informer que vous aviez marché sur plusieurs hirondelles de trottoir, et bien grasses. C'est ce qui a déterminé la chance que vous avez de voir de bonnes nouvelles partout.

Il est donc urgent, pour rendre sa bonne humeur au peuple français d'autoriser - que dis-je d'encourager – le dépôt d'hirondelles sur les trottoirs. Vous verrez, même les sondages les plus pessimistes s'en ressentiront.

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Publié dans humour littérature

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M
Ce qui rendait l'homme heureux est pourtant simple: il venait de remporter le prix Montaigne (récompensé par 20 caisses de grands crus bordelais...).Ca vaut le coup (hic) de bien écrire! Hirondelle alors!
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Z
<br /> <br /> Oups, tu es bien renseigné dis donc, est-ce que par hasard tu le fréquenterais ? D'ailleurs je vois qu'il t'a fait profiter de sa bonne fortune, vous semblez avoir arrosé la chose en joyeux<br /> compères...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Ha ha ha ! elle est excellente cette histoire Roussote !! :o))
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Z
<br /> Eh oui, c'est l'histoire de l'hirondelle dans l'hirondelle <br /> <br /> <br />
R
Il y a, dans Mon nom est Personne, un moment auquel je repense en te lisant . C'est la fable du petit oiseau. "Personne" (Terence Hill)la raconte mieux que moi,bien sûr! Ça raconte l'histoire d'un petit oiseau tombé du nid en plein hiver. Il a froid, il a peur, il piaille. Arrive une vache qui considère le frêle volatile avec compassion, soulève la queue et lâche une belle galette fumante sur le piaf. Celui-ci, bien au chaud et bien peinard, sort la tête et recommence à gazouiller, encore plus fort. C'est alors qu'arrive un vieux coyote. Il extrait le petit oiseau de sa bouse, l'essuie délicatement... et n'en fait qu'une bouchée. Moralité : ceux qui te mettent dans la merde ne le font pas toujours pour ton malheur, et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur ! Mais surtout : quand tu es dans la merde, tais-toi.
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Z
<br /> Ah ! Terence Hill, mon héros, celui qui m'a appris à manger des fayots à la louche !!! Cuisinés dans la chaudière du train !!! Mon fantasme !!!<br /> <br /> <br />
C
Comme c'est joliment dit : Là où il y a de la vie il y a des hirondelles.Comme quoi rien qu'en changeant un mot, tout devient plus facilement acceptable. Même les hirondelles, incroyable !
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C
J'opterais plutôt pour la première solution, quoique...Je ne sais pas si tu te souviens de cette pub, un homme qui se penche dans la rue sur un tas de feuilles d'automne. Et là, il les prend à bras le corps, plonge sa tête dedans et hume le tout d'un air satisfait. Et bien je ne peux pas voir cette pub sans rire et faire la grimace tout à la fois, car pour moi, un tas de feuilles dans une ville sous entend obligatoirement un paquet d'hirondelles caché dedans... lolDepuis que j'ai donné ma version de cette pub à mes enfants, ils sont hilare à chaque fois qu'ils la voit.
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Z
<br /> Hé !!! Tu m'en diras tant ! S'ils savaient que le tas de feuilles de la pub est un tas de feuilles en soie, parce que des feuilles propres dans la réalité, c'est rare en effet, sauf sous un vrai<br /> arbre. Mais là où il y a de la vie, il y a des hirondelles.<br /> <br /> <br />