Innocence

Publié le par zorba

 

 

Innocence

 

Présumer : juger d’après des probabilités. Lorsque le juge présume , le jugement devient arbitraire.

Synonyme le plus proche de présumer : conjecturer.

Un accusé est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. Il bénéficie de la présomption d’innocence. C’est tout de même beau, la langue française.

Du coup, voilà Fofana-le-barbare innocent.  Celui qui a assassiné Ilan Halimi. Mais alors que fait-il en prison… ? Quelqu’un le présume-t-il coupable ?

Voltaire nous a bien avertis, avec l’affaire Calas, qu’il était plus que hasardeux, coupable, de juger sur des présomptions. Et un homme averti en vaut deux : après Voltaire il n’est plus possible de présumer de la culpabilité d’un innocent. Enfin d’un accusé, ne mélangeons pas tout.

Si Fofana dort en taule, c’est pourtant bien que les enquêteurs le présument coupable. Ils sont fous ces enquêteurs. Ils n’ont jamais entendu parler de Voltaire.

Par exemple, pourquoi  joue-t-on à la roulette russe ? Parce que tant que le coup n’est pas parti, on présume qu’il ne partira pas. Ou que le révolver n’est pas chargé. Ou qu’il n’y a pas de balle dans le canon. Oui mais si le coup part… ? Hé hé, c’est que le révolver était chargé tiens. Et qu’il avait une bastos dans le canon. Et si t’es mort ?  Hé bien c’est que t’as mal présumé, patate. Moralité, lorsqu’on présume que Fofana est innocent, c’est qu’on présume mal.  Car lorsque les preuves seront réunies que Fofana a bien tué, on sera bien obligé d’admettre que la présomption d’innocence dont il bénéficiait était bidon.

Donc la présomption d’innocence, dans ce cas-là, est un effet bidon si le type s’avère coupable. Tout comme la présomption de culpabilité est un effet bidon si le type est innocent.

Lorsqu’on a de gros doutes sur la culpabilité de quelqu’un, la présomption d’innocence s’impose d’elle-même, on n’est pas des demeurés. Mais lorsqu’on a de gros doutes sur son innocence, la présomption d’innocence c’est du pipeau. Le problème n’est pas la présomption, mais le doute. A partir de quel moment le doute, dans un sens ou dans l’autre, se justifie-t-il ? Alors çà, nul n’en sait rien. Mais est-ce une raison pour nous imposer une présomption d’innocence douteuse. Oui dans la mesure où le doute profite à l’accusé mais lorsque le doute est tellement douteux qu’il commence à frôler la certitude… ? On continue à s’accrocher contre toute évidence à la présomption d’innocence ?

Tout çà est bidon quoi. Car en réalité, si on présume innocent un type incarcéré, c’est qu’on le présume aussi coupable. Et vice versa. Si on présume un type coupable, c’est qu’on le présume aussi innocent dans une certaine proportion. On ne fait que présumer. Conjecturer. Et si la loi considère que tout accusé est présumé innocent, c’est que la loi nous fait interdiction de conjecturer le contraire. La loi m’interdit, à moi, de conjecturer !  Lol . Vous avez vu çà ? La loi m’interdit, à moi, de réfléchir. La loi m’interdit que la pensée même de la culpabilité de Fofana vienne seulement effleurer mes axones. Cà ne vous la met pas  en fuseau, çà ?

Si encore la loi recommandait la prudence, bon, je comprendrais. Et très bien même. Mais si la loi décrète que je n’ai pas à réfléchir à la question, c’est que la loi me prend  pour un…une hirondelle. Voire un débile. Voire une pince à vélo.

Vous savez, ce que je crois ? Enfin, je peux me tromper. Je me présume faillible. Je crois que nous sommes gouvernés par des humanitaristes. L’humanitairerie considère l’homme comme un être idéal. Un absolu. Donc présumé absolument innocent. Jusqu’au bout et contre toute évidence. Et l’humanitairerie veut nous interdire, par la loi, de conjecturer, de supputer, de peser le pour et le contre. De réfléchir, en somme. Elle cherche à nous interdire d’opinion. L’humanitarisme prend l’homme pour un débile cavernicole. C’est çà, être humanitaire. La devise de l’humanitariste : tous des cons sauf moi. L’humanitariste est un gros présomptueux qui a la présomption forte, c'est-à-dire la conviction, que le présumé citoyen bénéficie de la présomption d’être un con présomptif dont la capacité présomptuaire n’a d’égale que la présomption de sa stupidité. Or, supposer vrai jusqu’à preuve du contraire interdit-il de présumer et conjecturer ce contraire ? Jamais de la vie. Je conclus alors que l’humanitariste qui présume que l’homme est assez bête pour conjecturer la culpabilité d’un accusé au point qu’il faille par la loi lui imposer le principe de présomption d’innocence est encore plus bête que celui qu’il prend pour une andouille. Et dès qu’on me parle d’humanitaire et d’humanitarisme, moi je dégaine.

 

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Publié dans humour littérature

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M
Ta réflexion pose une vraie questions. Il y a des cas où l'on sait que le coupable est coupable, qu'est-ce alors que le présumer innocent? C'est s'interdire de le juger! Le jugement est un concept hyper compliqué (société, individu, morale, ..) qui nécessite un protocole hyper compliqué (cour, avocat, jurés, sanctions, ..) En fait, au lieu de dire "tout prévenu est présumé innocent", il faudrait dire: "personne ne peut se présumer "juge" (sauf le Tès Haut, bien sûr).Compliqué, car tout un chacun a le droit de se faire une opinion. Bordel!
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Z
<br /> Parfaitement ! Dans l'absolu, nul ne peut s'ériger en juge. Mais comme il faut un minimum d'ordre. Bordel...<br /> <br /> <br />
O
Tu t'insurges Zorba et à juste titre ! Pour une affaire criminelle, lorsque se présente un faisceau de présomptions à l'encontre d'un prévenu - lesquelles présomptions après enquêtes, révèlent qu'il y a bien crime ou délit et confond son auteur, le mot "présumé" ne peut subsister dans les débats, puisque nous nous trouvons devant des faits avérés et de coupables reconnus. La sémantique journalistique a de grosses lacunes. Mais effectivement on est présumé innocent jusqu'à ce que la chose soit jugée. Tu as bien raison, tous ces propos sont totalement iniques, surtout à l'encontre de cette affaire et de ses auteurs, plus que barbares.D'autre part, je ne sais plus qui a dit "lorsque je ne sais pas ou plus porter un regard de compassion autour de moi, alors je fais de l'humanitaire". qq chose dans ce genre. c'est ben vrai ça !Bonne journéeosiris
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Z
<br /> <br /> Très juste Ôdivinsiris, ton observation. Je dirais même : plus le discours se fait humaniste, plus la société deveint barbare.<br /> Enfin, il faut en prendre son parti et faire tout le bien qu'on peut dans sa propre "surface de réparation". Voilà ma devise. Après, le reste, on n'est plus responsable...<br /> <br /> <br /> <br />
C
Bon alors n'ayant pas non plus lu Voltaire, me voilà à la recherche de l'affaire Calas :http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_CalasAutant je suis parfaitement ton raisonnement jusqu'à "c'est que la loi nous fait interdiction de conjecturer le contraire" où là je m'y perds, je ne sais plus trop comment remettre mes idées en ordre. Alors je cogite tranquillement, et je reviens plus tard.
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Z
<br /> De toutes façons, c'est pas bien grave si tu ne suis pas, je ne raconte que des couillandrines... Faut pas se prendre la tête...<br /> <br /> <br />
F
A ce jour, la présomption d'innocence sert just à obliger les journalistes à dire "présumé" devant "coupable" en parlant d'un accusé ...
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Z
<br /> Euh... devant "innocent", plutôt, non ? Tu vois, çà embrouille les pinceaux leurs conneries, c'est fait exprès, alors qu'il suffit de dire "accusé", et chacun présume ce qu'il veut...<br /> <br /> <br />