Rotary

Publié le par zorba




Ce n'est pas faute de motif à texticuler que je me rabats sur une actualité d'une joyeuse morosité, quand certains scoops, un clou chassant l'autre, n'auront pas plus de postérité politique qu'un eunuque réussi, de descendance. Il convient donc d'en sauver certains de l'oubli (des scoops, pas des eunuques).

J'ai toujours décliné, fermement mais avec urbanité, vous me connaissez, les invites à m'embringuer dans un quelconque Lion's ou Rotary club... Tilt. Là, çà y est, vous me voyez venir. Rotary... L'écho du non-événement est parvenu jusqu'à vous. Ou alors, c'est que vous vivez dans votre bulle. Enchantée certes, mais pas sur Terre. Attendez, qu'est-ce que je raconte moi : l'écho du non-événement... Bon, passons. On n'a pas le temps.

Eh oui, c'est au Rotary club que Jean Sarkozy s'est fait coincer par le collectif « Sauvons les riches » dont l'utilité, du collectif, pas des riches, n'est plus à démontrer. Et ce collectif, ayant collectivement fait irruption dans la salle du dîner rotarien - on n'est plus nulle part chez soi, même aux latrines – lui a remis le diplôme envié - si, envié – de « fils à papa ». A Jean Sarkozy pardi, à qui voulez-vous...

Cette affaire ne doit pas être prise par-dessus la jambe, ni par-dessous. En effet, c'est important, on voit poindre une nouvelle technique... mais voyons plutôt.

Que serait Jean Sarkozy sans son père ? Voulez-vous me le dire ? Vous n'osez pas ? Rien. Enfin rien de plus que n'importe quel ado boutonneux qu'il était encore la veille avant d'être reçu au Rotary. Car lorsqu'on est reçu au Rotary, on n'est plus très loin de la boutonnière fleurie. (Non c'est rapport aux boutons... oh...quoi...le lecteur n'est pas obligé d'imprimer ce qui est écrit deux lignes plus haut quand même, c'est pas une punition).

Alors, que voulaient les membres du collectif « Sauvons les riches », quel était leur message ! D'abord, bien sûr, sauver les riches qui comme chacun sait, ont du plantain à se faire. Je sais, on dit souci mais moi je dis plantain bon çà suffit hein, qui c'est qui raconte... Et les sauver de quoi ? D'eux-mêmes, évidemment. La plupart ne savent pas ce qu'est un ticket de métro. C'est une lacune culturelle, il faut être clair. Et donc le collectif « Sauvons les riches » a le louable souci du... non, là je dis souci et pas plantain, voilà c'est comme çà. Ah mais je te reconnais toi, tu es mon lecteur débile, il est con çui-là, pas la peine de te déguiser... Donc, a le louable plantain...tu vois bien que çà fait con... a le louable souci du niveau culturel des riches.

J'ai moi-même tout eu lieu de me plaindre des fils à papa. Ils n'ont qu'à demander, et on leur décharge une benne de carambars devant la porte alors que vous, vous bavez devant la vitrine. Et alors plus tard, avec les filles, c'est même pas la peine... Ah putain, qu'ils sont beaux, les fils à papa, la classe. Vraoum... un coup d'accélérateur et vous, vous restez derrière, sur place à vous manger la fumée. Non sans blague, çà fait déféquer. Mais enfin, comme à quelque chose malheur est bon (vous avez remarqué comme j'enchaîne les poncifs, malheur est bon, tout çà, c'est pour éviter de faire riche), donc comme à quelque chose malheur est bon – non j'ai pas honte, j'ai été pauvre alors pouète pouète – vous apprenez la débrouille, pas vrai ? Comme de vous retaper un vélo récupéré à la décharge. Vélo, Ferrari, c'est la vie...

Alors que veulent, en réalité, les membres du collectif « Sauvons les riches  fils à papa ». D'abord, charité bien ordonnée commence par soi-même, c'est le jour des poncifs, profitez-en. Chaque fois qu'ils arrivent à s'en prendre à un fils à papa, précisément, ils lui rabaissent le caquet donc çà les grandit. Fatal. Chaque fois qu'ils parviennent à le faire passer pour un con, ils gagnent en intelligence. Imparable. Cà, c'est une première chose, et pas des moindres. Car on peut, tout en s'assignant une mission de salut public, se faire plaisir, un tant soit peu. Mais surtout tout ceci a un but caché, qu'ignorent bien entendu les participants lambda, afin qu'ils puissent d'autant mieux jouer leur rôle. Je sais, c'est tordu, mais la politique est tordue, je n'y peux rien.

Ensuite, et nous y venons, c'est le vrai but de leur mission, il faut sauver les riches jusqu'au bout : en faisant passer à Jean Sarkozy, fils à papa, des épreuves. Jean Sarkozy, en principe, on le voit bien, se destine à une carrière publique. En montant sur les épaules de son papa. Il est petit ? Son papa ? Oh çà c'est petit. Ah c'est petit. Pas la peine d'être un grand con pour être Président non plus...

Donc, il se destine à une carrière publique. Et c'est quoi, une carrière publique ? C'est avoir affaire à un public. Sans chanter ni rien. Juste. Avoir affaire à un public, à ses sautes d'humeur, à ses rancoeurs, à ses naïvetés, à ses déboires, à ses boires, aussi. A ses espoirs, souvent. Et donc, il faut apprendre. Tout s'apprend. Il faut apprendre à manipuler un public. A le prévoir. A le conjecturer. A le calculer. A le faire bouger dans la direction que l'on souhaite. Ou pas bouger, au contraire. Même lorsqu'on est pris de court. Et là, Jean Sarkozy a eu droit à un exercice d'entraînement. Gratuit. Grandeur nature. Encore quelques séances comme celle-là et notre jouvenceau va se muer en vieux sauropode manipulateur. Il sera fin prêt pour sa carrière publique de fils à papa. J'espère qu'il va au moins remercier le collectif « Sauvons les riches » pour la peine qu'il prend à le préparer à toutes les situations, même les plus rocambolesques. En tous cas à remercier ses meneurs. Les autres, la piétaille, celle qui y croit, on n'est pas sûr qu'elle apprécierait. Si on ajoute à cela l'expérience et les conseils de son père, moi, Jean Sarkozy, je le donne gagnant sur toute la ligne. Si j'étais Sarko père, je subventionnerais le collectif « Sauvons les riches ».

Bon, pour demain, j'arrête l'actualité, c'est chiant.

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Publié dans humour littérature

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Commenter cet article
M
Mais que deviendrait le Rotary?
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Z
<br /> <br /> Tu as bien compris je pense, que je pointe toujours sur ce qui fait l'essence même de la pensée  : LA FRUSTRATION.<br /> La haine des riches, c'est la frustration. La haine de la gauche pour la droite, c'est la frustration. Et inversement. La haine du voisin, c'est la frustration... La haine de l'étranger, c'est la<br /> frustration. Et inversement. La seule bonne justice est celle qui ne me frustre pas. La seule chose qui soit bonne, c'est celle qui ne me frustre pas, mais c'est momentané car tout évolue.<br /> Ou plutôt, si le terme de "frustration" indispose, on peut le remplacer par celui de "tension de manque".<br /> <br /> <br /> <br />
M
Savez-vous pourquoi il faut sauver les riches? Ils font du bien aux pauvres (associations, bienfaisances, ...) donc s'il n'y en avait pas, à coup sûr il y aurait plus de pauvres! Il en faudrait encore plus...mais quand même pas trop (le rotary a un nombre de places limitées).
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Z
<br /> Et si on distribuait la fortune des riches à TOUS les pauvres (pas de raison pour qu'il ait des pauvres privilégiés), chacun recevrait une cigarette.<br /> Quel pied !<br /> <br /> <br />
O
Ca texticule dur en ce moment !. Pour ma part, j'atteste le côté philantrophique et humaniste de ces organismes. Ce qui me semble particulièrement rigolo, c'est la caricature que tu fais du gamin boutonneux, le Jean fils-de.... c'est d'un drôle. Et le fond est vrai, rien à retirer, il fait ses armes le fils-de.A extrêmement très bientôt
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Z
<br /> Ah, toi aussi Ôdivinsiris? Mais que vois-je, un dieu condescend à apprécier les humaines affaires ? Et que revois-je : tu me confirmes le destin de Jean Sarkozy comme futur homme public ?<br /> C'est vrai que l'adversité le forme. C'est parce qu'on a des adversaires que l'on s'élève. Tout ce que je lui souhaite c'est d'être utile. Après, chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il reçoit,<br /> mais se doit aussi d'autant plus qu'il reçoit.<br /> <br /> <br />
R
Pour avoir été à divers  pince -fesses , dont ceux du Lyon's club , je m'étonne un peu de la descente en flèche qui en est faite par  ceux qui n'y mettent  jamais les pieds . Savez vous , par exemple , que  toute l'organisation de récolte des dons  du téléthon n'est possible que grâce au bénévolat et à la mise à disposition logistique  gratuite des  Lyon' s ? Ou encore  , tous ces  congrès internationaux  qui contribuent à  nous ouvrir les  portes du commerce  partout dans le monde ...Tous ces "riches" (qui ne le sont pas tant qu'on l'imagine  ; des notaires , des médecins ,des inspecteurs d'académie , des  artisans  , des commerçants , etc ...) ne viennent pas dans  ces clubs , syndicats , ordres  et autres  associations  ,pour se goinfrer de caviar ou de foie gras (que moi j'ouvre quand j'ai les placards vides , le pâté jaune!) et péter leur gras à la face des laborieux  esclaves  que seraient "ceux qui n'en sont pas"...Généralement  , ce sont des groupements d'intérêts , tous ces  "trucs"  et  y viennent des entrepreneurs  ...Alors qu'ils ne se réunissent pas autour d'un pastis-merguez  , est ce bien  le plus important ?Je suis un peu  amère  quand je vois la partition simpliste qui est faite de notre société  où il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur tout ce qui n n'est pas la classe  dite "moyenne"  , le bon peuple , quoi  ! Bon , là ,normalement ,j'ai un billet sur ma tête , non ?
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Z
<br /> Absolument ! Un billet d'honneur. Tu as parfaitement raison dans ton analyse, ces clubs sont aujourd'hui devenus surtout des cercles de bienfaisance, aussi difficile à croire cela soit-il de<br /> ceux qui ne connaissent pas. Contrairement au cliché classique, j'ai toujours observé dans ce milieu une pointilleuse honnêteté. On trouvera toujours des exceptions qui confirment la règle bien<br /> entendu mais cela n'enlève rien à la nature morale de ces clubs.<br /> Si j'ai toujours évité d'en être, c'est précisément en raison de ces réputations abusives que tisse toujours la jalousie. Mais je confirme.<br /> <br /> <br />
C
Chez moi, le fois gras c'est une fois l'an, en fin d'année uniquement. lolJ'aime pas les grands rassemblements de... grosses légumes, ou de petits légumes non plus remarque. Oups ! c'était sur le sujet d'hier ça, les j'aime et j'aime pas.
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Z
<br /> <br /> Cà tombe bien, j'évite aussi les rassemblements de manière générale. Question de caractère. Et d'aucun ont précisément le caractère opposé.. Alors...que tout le monde vive.<br /> <br /> <br /> <br />