Samedi 10 octobre 2009

 

Je suis au regret de mettre un terme, au moins temporaire, à l'agréable complicité que j'entretenais ici avec mon lecteur. En effet, l'étendue des travaux horticoles et paysagers que j'ai entrepris ne me permet plus d'assurer la qualité requise pour un blog potager. Et passé un certain âge, les facultés de récupération ne sont plus ce qu'elles furent.

On se souvient peut-être comment je fus amené à créer chez belle-maman un jardin en bordure de source afin d'y recevoir mes plants en surnombre, plutôt que d'avoir à les jeter. Ce jardin est pris dans un terrain plus vaste, resté en friche plus de vingt ans, suite au décès de mon beau-père. Il est pentu, difficile à travailler, le socle rocheux y affleurant par endroits, c'est d'ailleurs d'une faille du roc que surgit la fontaine. Mais j'ai pu constater que ces types de reliefs sont propices à de belles réalisations, pour peu que l'on veuille s'adapter au terrain et ne pas le brutaliser, et j'ai entrepris par conséquent de le réabiliter à ma façon - sa contenance ne dépasse guère les 2000 m2 cependant on peut se créer des surprises au détour de chemins qui recherchent la ligne de moindre pente. L'imagination y construit déjà murets de soutènement et ponticules avec les pierres récupérées sur place. Mais j'ai de surcroît le projet d'y aménager un jardin d'hiver avec charpente, couverture et vitrages, de quoi y passer d'agréables instants. Non, pas de piscine : ce n'est pas le style de belle-maman.

Car c'est son jardin, que je veux faire, ou plutôt son extension accidentée, manière de l'attirer à la promenade, gage de santé et la gageure consiste justement à faire en sorte que le parcours en soit le plus aisé possible malgré la déclivité, que les reposoirs retiennent la visiteuse et captent son attention, le temps de reprendre souffle et fraîcheur. A quoi s'ajoute l'égoïsme de mes propres plaisir et satisfaction à relever un nouveau défi.

La durée prévue des travaux est de neuf mois, vu que je travaille seul, ceci expliquant cela, et compte tenu du cycle des saisons : un automne, un hiver, un printemps. Car à chaque temps ses travaux. Mais le temps a déjà oeuvré pour moi, il me suffira de conserver deux ou trois chênes et tilleuls séculaires qui en seront les carrefours : on voit déjà les tapis de violettes, jonquilles et crocus sur lesquels, ô surprise divine, les bancs de pierre ou de bois viendront se poser. Puis-je résister...? Non.

Je reviendrai peut-être un jour, sur le blog de Zorba. N'escomptant pas y retrouver les amis, qui à raison se seront lassés, je dois ici les remercier pour la bienveillante attention dont ils m'ont comblé.

Ils comprendront sans doute que je dois suivre mes penchants, ainsi que je l'ai toujours fait, et qui ne m'ont jamais trompé : c'est ce que je dois faire, sinon j'aurai toujours le regret d'avoir gâché mon talent potager.

Bonne route à toi, lecteur, et que chacun, tout comme moi, ait la chance d'assouvir sa sensualité.

Par zorba
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Mardi 6 octobre 2009


 

Il arrive qu'on se surprenne aux abandons d'une routine peu propice à l'inventivité. A l'innovation. Le doute m'a gagné lorsque l'ordinateur m'a fait un coup de calcaire. Très vite réparé du reste mais j'ai alors manifesté un léger mouvement d'humeur qui a fait dire à ma fille : "Mais tu es accro !" Que j'ai immédiatement traduit par : "Tu es aliéné".

Tout lecteur qui m'a fait la grâce de me lire continûment mes élucubrances sait très bien qu'aliénation et libre-arbitre sont la (seule) grande question philosophique qui m'occupe. Car c'est une vision radicalement différente de l'humain qui en découle, selon la façon dont on répond à cette question du libre-arbitre.

De fait, j'ai eu alors cette réaction aussi infantile que disproportionnée : "Tu vois cet ordinateur...? Eh bien je ne l'approcherai plus à moins de deux mètres jusqu'au 5 Octobre". Accro, moi...? Se refermait ainsi le piège tendu à ma propre vanité. Cochon si je m'en dédisais. Comme quoi il faut toujours tourner sept fois sa langue dans sa babouche avant de se taire. Néanmoins, j'ai fait preuve de libre-arbitre. Sauf que ce n'est pas un acte de libre-arbitre, c'est juste un pari conifiant. Le libre-arbitre n'existe pas, c'est une illusion.

L'avantage de ce pari est pourtant que mes journées furent bien remplies et que j'aurai à narrer au lecteur quelques menues aventures potagères qui, comme on dit en langage chantourné, n'engendrent pas la mélancolie et c'est avec la même alacrité inconsciente que je me suis inventé un chantier un peu casse-cou qui ne laisse pas d'inquiéter mon épouse laquelle aimerait sans doute me garder encore un peu en bon état.

Mais je n'ai toujours pas rencontré, y compris en moi-même, la preuve manifeste d'un libre-arbitre. Pourtant dieu sait que je reste attentif à tout argument qui tendrait à montrer le contraire, tellement j'aimerais me tromper sur ce point. C'est tellement chouette, le libre-arbitre : Youpi, je suis libre !

Certes nous nous livrons en permanence à des arbitrages puisque nous pensons, pesons le pour et le contre, délibérons, conjecturons. Mais ils sont tout sauf libres, ces arbitrages. Ils sont même parfaitement aliénés à quelque chose dans l'enchaînement des causalités. Ou plutôt dans l'épiphanie des causalités car ces dernières ne se soumettent pas à notre perception.

Selon que je m'appelle Lagardère, ou Paulo de chez Molex, je n'arbitrerai pas de la même façon. Quel en est le déterminant, de surcroît à la condition sociale ? Ou plutôt quel est l'impalpable faisceau de causalités qui conduisent un humain, toutes choses égales par ailleurs, à arbitrer et selon quels critères indétectables ? Bien entendu on peut dire que la nature, le monde, distribue les cartes pour faire de nous selon le cas Lagardère ou Paulo, et que nous arbitrons au mieux de cette donne. Nous sommes au moins aliénés à la distribution des cartes, y compris dans le cas où nous échappons à cette condition puisque cette condition est, plutôt que de n'être pas. C'est bien elle qui nous commande, commande à notre logique même. Nos jugements, nos arbitrages, la plupart du temps guidés par des lois ou du bon sens, sont si peu libres parce qu'ils obéissent à des paysages mentaux formés à notre insu et propres à chacun. Je choisis ce que je désire manger. Apparence de libre-arbitre. Car la formule est cocasse : choisir selon nos désirs ! Les désirs ne seraient-ils pas des pulsions ? Enfin je ne suis pas libre de me nourrir ou pas : je dois. C'est pure aliénation au besoin. Besoin purement organique ? Certes.

Mais il en va de même au plan psychique : je choisis ce que je désire penser ! Ou même : la logique ou le respect des lois, ou ma religion, ou quelque obscure raison sous-jacente, autant de causes "hors de moi", et qui précèdent mon existence, font que je désire penser selon leurs règles, ou contre, mais toujours d'après d'infimes pulsions inconscientes que je ne puis contrôler. Il faudrait que je connusse l'intégralité de mon paysage mental, pour être définitivement libre. Et de toute façon je ne suis pas libre de penser ou pas : je pense.

Je me suis donc désaliéné de mon ordinateur. Beau motif de fierté, d'indépendance. J'eusse pu même m'en désaliéner définitivement, mais le fait est qu'au terme dit, m'y revoilà. Accro, moi...? On voit bien que non. Libre, moi...? On voit bien que non. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas conscients de nos addictions qu'elles n'existent pas et de fait, ce sont bel et bien nos limites qui font nos mérites : toujours en lutte contre nous-mêmes et contre un univers entier d'aliénations sans jamais les vaincre toutes, ni les même les voir toutes. Ou alors notre pensée, libre et arbitrale, toucherait à la perfection de l'inexistence. Dieu lui-même ne serait pas libre : il serait tenu au monde qu'il aurait créé.

Le terme de "libre-arbitre" porte en soi-même l'aporie absolue : si j'arbitre, pour quelque raison que ce soit, c'est que j'y suis tenu. Etre libre, c'est n'être pas tenu. Autrement dit je suis tenu de n'être pas tenu. On arbitre par nécessité mentale or être libre c'est n'être tenu par aucune nécessité mentale. Dépasser toute nécessité mentale. C'est donc l'effort sisyphien de délier ce qui me tient à coeur, et qui jamais ne se délie, si ce n'est pour se lier ailleurs. Je ne fais jamais acte "accompli" de libre-arbitre

Et ce n'est pas grave. Ce qui est grave c'est de s'y tromper, car c'est la source de toutes les erreurs d'interprétation de la nature humaine. Ce qui est grave, et impardonnable aussi, c'est le grand péché de vanité. C'est pécher par vanité de prétendre tout dominer de soi-même. Vas-y Coco, crois-le.

Par zorba - Publié dans : humour littérature - Communauté : BALOURDISES
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Mercredi 2 septembre 2009



L'élan de solidarité générale a fort ému Madame Zorba qui vous fait dire que son pif va très, très bien, il n'y paraît presque plus. En effet, il faut dire que madame Zorba est spécialiste en bobologie et soigne tout (ou presque) par des granules d'homéopathie et quantités d'onguents et pommades du même métal, dont je suis en même temps l'heureux bénéficiaire. Y a qu'à voir mon splendide état de santé.
Il va sans dire que sous peu, je serai en mesure de lui faire un bisou sur le nez de votre part à toutes et à tous. Aucun bobo majeur, la croûte est fort belle, et passe pratiquement inaperçue sous un soupçon de maquillage.
Merci encore pour votre sollicitude, et je transmets de ce pas à l'Elysée son bulletin de santé.
Mais nous l'avons échappé belle. Du reste, nullement découragée, elle a même installé un éclairage sur le meuble qui lui était tombé dessus. Pas rancunière pour deux sous, elle ne s'est même pas électrocutée en mon absence, dieu soit loué. Je ne sais pas ce que je deviendrais sans elle.
En tous cas, elle vous renouvelle ses remerciements et se tient prête pour de nouvelles aventures.

Par zorba
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Lundi 31 août 2009

 

 

 

Vous l'avais-je dit ? Avec mon épouse, nous avons retapissé et repeint un bureau pendant les vacances. Bon d'accord, des vacances comme çà, la plupart s'en passeraient. Oui mais au bout de deux heures de vacances, si je ne fais pas quelque chose, je m'ennuie. Je passerais bien 2 heures de vacances à croiser sur la Croisette, pour faire plaisir, mais au bout d'une heure, j'en ai déjà marre. Alors je préfère retapisser et repeindre, la distraction dure au moins trois jours.

Et voilà pas qu'elle se met en tête, mon épouse, de remeubler le bureau de fond en comble. Allons bon ! Quand il suffisait de remettre les anciens meubles en place. Elle va donc chez Casto, où l'on trouve de tout à monter soi-même.

Moi, vous savez, ces petits bricolos, çà ne m'emballe pas vraiment. Je ne suis pas contre, notez bien, mais la plupart du temps les modes d'emploi traduits du chinois en passant par le néerlandais aboutissent à ce que vous vous retrouviez avec une étagère autour du cou sans pouvoir vous en dépêtrer. Il faut vraiment être artiste pour obtenir quelque chose de sensé de ces machins-là.

Elle me dit : « Tu me perces un trou ici, un autre là, et tu visses çà avec çà ».

Un conseil : ne discutez jamais ce que vous dit votre femme. Si vous ne comprenez pas, c'est que vous êtes con. Elle, elle se comprend.

Donc, je perce, je visse. Tout bien comme elle veut. Après çà, je me casse, parce que je ne comprends rien à la manière dont elle veut faire tenir les choses. Sûrement un nouveau procédé dont je n'ai jamais entendu parler. Je m'en vais faire un texticule, tiens...puisque c'est la fin des haricots au jardin.

Et la voilà qui commence à monter ses machins, ses trucs... Et tout d'un coup j'entends crac, boum. Zut, il faut que je lâche mon texticule pour aller aux nouvelles. Des fois qu'elle m'aurait fait tomber une cloison. Je sens que je vais devoir gâcher du plâtre.

Mais non. C'est pire ! Un petit mobilier qu'elle essayait de faire tenir en équilibre – ou alors c'est que je n'ai pas compris sa savante manoeuvre – vient de lui dégringoler sur le pif. Mais sur le pif, vraiment. Cà doit peser à peine deux ou trois kilos, trois fois rien, mais avec des arêtes vives, deux ou trois petits kilos qui vous tombent d'un petit mètre de hauteur sur l'arête du nez et çà y est ! On dirait que vous venez de vous engueuler avec un tramway. Tu m'étonnes, si çà pisse le sang : la bordure de l'étagère, que je viens d'examiner, toujours dans le louable souci de comprendre, porte un lambeau de peau de nez sur sa tranche !

Là, tel que je vous le dis, mon épouse est défigurée pour quinze jours. Elle a le tarin, mon vieux...

Eh bien moi, çà ne me fait pas rigoler du tout. Déjà que je n'y comprenais rien, à ses projets ! De rage, je m'en vais choper ma perceuse, des vis, des boulons, et je te lui fixe ses putains d'étagères à ma façon à moi, dans le mur à la tapisserie toute fraîche, et pif et paf, en trois coups de marteau, tiens, vas-y maintenant, tu peux t'y suspendre, à ton meuble. Tu peux faire du trapèze, sur tes étagères

Et vous savez quoi ? Elle revient, elle me dit : «  C'est pas fin ».

Voilà. C'est pas fin. Je manque de finesse. Elle préfèrerait que ç'a ait l'air aérien, comme suspendu dans le vide. Un étagère ! Et son pif, à elle,il est fin ? Que je me dis en mon for intérieur. Mais je le garde pour moi. Parce qu'en plus, les femmes, il ne faut pas trop les chercher. Surtout sur leur pif. On dirait une aubergine qu'on aurait enduite de pommade. Ah non ! Pas question de mettre un pansement dessus. Vous imaginez ? Un pansement sur le pif ? Rôôô, la honte ! Tandis qu'un morceau de pizza, çà passe mieux. Là encore, j'ai intérêt à ne rien dire. Cà manquerait de finesse, vous pensez !

Moi, je manque peut-être de finesse. Mais je ne fais pas dans les situations pourries. Moi, les meubles, ne me tombent pas sur la gueule. Je n'ai pas des doigts de fée, mais quand çà doit tenir en l'air, çà tient. Ou çà dit pourquoi. Si vous écoutiez les femmes, ce n'est pas une toiture que vous auriez au-dessus de la tête, c'est un parasol. Parce que c'est plus fin. Et une pizza sur le nez, c'est fin, peut-être ?

Mais bon voilà. Il faut se résigner : on n'est pas fins. Vous savez, même le plafond de la chapelle Sixtine, si vous le faites tenir sur du n'importe quoi, vous n'allez pas en prifiter longtemps. Il arrive un moment où la finesse, il faut la forcer un peu, quand même.

Enfin bon, c'est notre karma, à nous les visseurs d'étagères. Et on n'a pas intérêt à discuter en plus : on n'est pas fins.

Par zorba - Publié dans : philosophie - Communauté : Ecriture Ludique
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Vendredi 28 août 2009

 

 

 

J'ai décidé de monter un parti politique. J'ai toutes les qualités requises : je tuerais père et mère pour un carambar, mon cynisme est impénétrable à la charge creuse et ma mauvaise foi ne se dilue même pas au white spirit. Je crois que j'ai tout dit. Seulement voilà : pour monter un parti politique, un vrai, il faut des idées. Et des solides. Il faut y avoir réflechi à deux fois. Hé bien c'est fait : j'y ai réfléchi. Quand je réfléchis, çà se voit. Et çà s'entend. Le vitres vibrent. Les meubles aussi. La température monte. Le réchauffement climatique ? C'est moi. Les pendules avancent et les céramiques se déforment. Les migrateurs qui passent au-desssus sont désorientés. Les ordinateurs paniquent, c'est à dire qu'ils tombent en panne, et la grippe A mute.

Pour créer un parti politique, il faut commencer par s'être posé les bonnes questions : Que veulent les gens ?

Eh oui, c'est la question à 29,95 Euros. Pas 30.

Parce que si vous promettez aux gens le contraire de ce qu'ils veulent vous avez autant de chances d'être élu qu'un chameau de passer par le chas d'une aiguille. Quoique. Avec la probabilité quantique. Donc, que veulent les gens?

Du pognon. Pas besoin de télescope. Oh je vous vois venir : Pas tous. Et pas moi. D'accord. Mais çà ne fait pas une majorité. Et pour être élu il faut quoi? Une majorité. CQFD, pas la peine d'ergoter.

Ensuite que veulent-ils ? Ou plutôt, que ne veulent-ils pas ? Bosser. Là encore, CQFD, pas la peine d'ergoter. Donc il faut leur promettre....? Des vacances. Beaucoup de vacances. Un maximum de vacances. La semaine de 2 heures. Ce n'est pas crédible ? Et Dieu, il est crédible ?

Déjà, je tiens là les deux piliers de mon édifice politique. Bien entendu, deux piliers seulement, c'est instable. Il faut au moins une triangulation. Je vous vois venir... Vous allez me dire : Et que voudraient les gens pour agrémenter leur bonheur tout neuf ? Pognon, vacances, et puis quoi encore...? Des femmes ! Alors laissez-moi vous dire : les femmes d'accord, mais avant, pour pouvoir profiter des femmes il faut quoi...? La santé ! Vous l'aviez oublié, celle-là ! Pour dépenser son pognon et partir en vacances voir des poulettes, si vous êtes grabataire... Hein ? On va même dire que c'est primordial, la santé. Cà passe avant tout le reste.

Nous avons déjà le meilleur service de santé publique du monde. Et çà, c'est très embêtant pour mon programme politique. En effet, on pourrait m'objecter : « De quoi tu te plains ? ». Mais je ne me plains pas, je veux juste monter un parti. Pour les autres... Pour les gens... Voyez l'étendue de mon altruisme ! Seulement il faut reconnaître que d'être les meilleurs en santé publique ne donne pas de grain à moudre aux mécontentements. Il faut toujours appuyer là où çà fait mal : sur les frustrations. Alors on va dire ceci : on va supprimer les maladies. Ah oui...? Et comment…? - Les toubibs sont là pour çà non ? Alors, troisième point du programme : Maladie.

Et voilà, je tiens ma Trinité, l'essence de mon programme : Vacances, Pognon, Maladie. Le parti s'appellera le VPM : Votez Pour Moi.

Là, je crois que j'ai bien travaillé. J'ai réussi à évacuer tous les faux-semblants jésuitiques, les altérations et adultérations, escamotages et perversions qui tentent de donner le change, j'ai isolé les trois grandes nécessités de l'homme en les désignant par leur nom, et pas un autre, je ne vois subsister qu'un seul vrai problème : je n'ai pas envie d'être élu. Comment voulez-vous être tranquille, dès lors que vous vous présentez à un suffrage ? Et vous ne pouvez pas non plus vous présenter incognito à la tête d'un parti intitulé : « Peinarditude ». Qui voterait pour être peinard ? Personne. Dégun. Les gens ont besoin d'histoires. D'Histoire avec un grand stoire. Ils ont déjà besoin de se comparer aux autres. Donc de se confronter. C'est une vie, çà ? Oui, une vie, mais humaine. Qu'on le veuille ou pas, bon gré mal gré, on est dans la course, pris dans les convexions des intérêts particuliers. Ou même catégoriels. Donc il faut des partis. Ce qui n'a guère de logique. Si je fais partie d'une catégorie, je suis en tort puisque si le sort m'avait conduit à appartenir à une catégorie opposée, je me donnerais tort à moi-même. C'est pas un peu con, çà ? La vie humaine, si intelligente en apparence, est d'une stupidité sans équivalent dans le monde animé. Un loup est un loup : il fait le loup. Point. L'homme veut être tout à la fois, juge, partie, omniscient, omniprésent, omnipotent, et pour finir il est quoi...? Rien de bon, puisqu'il n'arrive pas seulement à voter pour le seul parti qui vaille : « Peinarditude ». D'ailleurs, il s'ennuierait très vite. Et deviendrait encore plus stupide.

Par zorba - Publié dans : philosophie - Communauté : BALOURDISES
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